Entretien avec Aurelia Bottero, danseuse de flamenco

Quelques mots pour te présenter ? Comment as-tu commencé ?

¡ Hola ! Je suis Aurélia Bottero, j'ai 27 ans. J'ai commencé la danse à l'âge de 4 ans par le classique puis le moderne jazz. J'ai tout de suite su que je voulais danser toute ma vie . À 11 ans, j'ai découvert les sevillanas (une branche Du flamenco), folklore de Séville. À 13 ans, j'ai vu le film Carmen de Carlos Saura et j'ai su que le flamenco deviendrait ma vie.

Que représente pour toi le flamenco ?

Le flamenco représente une manière de vivre, une émotion constante. C'est extrêmement personnel, mais cela se vit dans un état perpétuel de passion. Une façon d’exprimer l'indicible. Mais c’est aussi physique et épuisant. Le rythme est complexe mais tellement incroyable, sublime. J'y ai trouvé une identité propre. C'est moi, c’est ma vie.

Quelles sont tes influences, tes modèles ?

Mes modèles sont divers et variés. Cela a commencé avec Ana Yerno qui a été mon maître, puis je suis partie à Jerez ou j'ai rencontré les gens du cru. Il y a sans nul doute les maîtres de baile et les danseurs. Les plus grands professeurs ont été pour moi La Chiqui, Manuela Carpio et Ana Maria Lopez. Elles viennent toutes trois de Jerez de la Frontera. Je porte une admiration pour les danseuses Mercedes Ruiz, Gema Moneo et Eva la Yerbabuena, sans oublier la sublimissime Carmen Amaya.

As-tu des origines andalouses ?

Je suis Tunisienne, je ne connais pas mes origines véritables (je suis née sous X). En ce sens, je me sens peut-être plus gitane que certaines personnes du flamenco... Je suis une vraie gitane car sans racines. Le flamenco m'ancre dans le sol et me fait sentir vivante.

Où peut-on te voir danser ?

Je danse pendant le mois de juillet au Chat Noir, à Paris, avec des musiciens tous droits venus d'Andalousie !

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 Peux-tu nous donner tes bonnes adresses pour voir des spectacles de flamenco en Espagne ?

Par exemple : Tablao Flamenco Cordobes à Barcelone, la peña Luis de la píca à Jerez.

Où trouves-tu tes robes ? Comment les choisis-tu ?

Les robes je les choisis en m'inspirant de mes copines andalouses. J'ai une couturière à Jerez qui me les confectionne. Lorsqu'on construit un spectacle l'idée vient d'elle même et on en parle à une couturière (locale) mais la mode citadine aide aussi. Les pois, c'est démodé....

 Peux-tu nous parler des musiciens avec qui tu travailles ? Des autres danseurs ?

Je travaille avec Jesus Agarrado El Guardia, un grand guitariste d'Andalousie et beau-frère du plus grand chanteur de flamenco de tout les temps El Torta, qui nous a malheureusement quittés il y a deux ans. C'est aussi le papa de la grande danseuse Gema Moneo... Je suis accompagnée au chant par son fils de 21 ans, Jose Moneo, et par Paco Gasolina, un grand chanteur andalou.

Si tu devais rapprocher le flamenco d’une autre danse, laquelle serait-elle ?

La danse indienne sans nul doute.

Si tu devais décrire le flamenco en trois mots, quels seraient-ils ?

Passion, amour et sublime.

 Que répondre à ceux qui pourraient dire que c’est désuet ? Ou kitsch ?

Que le flamenco change !!! Il faut regarder tous ces jeunes qui le pratiquent ! Et que désuet n'a de sens que pour les gens qui méconnaissent cet art. Il est difficile d'approche mais il se modernise incroyablement. Rocio Molina en est un exemple parfait.

Si tu devais convaincre quelqu’un d’aller voir un spectacle de flamenco, que lui dirais-tu ?

Si tu veux vibrer et oublier ta peine alors c'est pour toi ! Si tu veux t'éclater et frissonner ¡Vamonos!

Connais-tu des films ou documentaires qui traitent du sujet et que tu pourrais conseiller à tous ceux qui souhaitent en savoir plus ?

Oui ! Les films de Saura dans un premier temps : Carmen, Bordas  de Sangre... Beaucoup de livres aussi ! Les photos de René Robert ... Et pourquoi ne pas commencer par un Que sais-je ?  sur le flamenco…

Quelques mots pour conclure ?

Merci à la vie de m'avoir mise sur ton chemin flamenco .... Je t'aime et ce jusqu'à mon dernier souffle.

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