La guerre des tomates

De San Fermin… à la Tomatina, il est indéniable que l’Espagne est la reine dans le domaine des fêtes de rue à grande échelle ! Marronnier du JT du mois d’août, la Tomatina est un évènement comme il en existe nulle part ailleurs, et dont les images folles reviennent chaque année sur notre écran TV : une foule en délire baignant dans un océan de sauce tomate ! Envie de découvrir cette tradition déjantée ? Direction le village de Buñol, dans la province de Valence, chaque dernier mercredi du mois d’août.

D’une simple dispute…

Mais quoi ou qui est donc la cause, l’instigateur de cette énorme farce à ciel ouvert ? L’histoire de la Tomatina est en fin de compte assez récente puisqu’il ne faut remonter qu’à l’année 1945 pour en connaître l’origine.
Et c’est à l’occasion d’une fête de village organisée en l’honneur du saint patron de la ville, à savoir San Lluis Berta, que débuta cette gigantesque bataille de tomates. Alors que défilaient les « géants » musiciens et autres participants, un groupe de jeune provoqua une bousculade, faisant tomber l’un deux. Celui-ci, furieux, s’empara de tomates en vente sur un stand proche pour les leur lancer et provoquer une véritable guerre à coup de légumes. Ainsi naquit la Tomatina !
L’année suivante, les jeunes décidèrent de revenir avec leurs propres munitions, soit des tomates, les lancer sur la foule et semer la zizanie une nouvelle fois avant d’être stoppés par la police. L’histoire festive de Buñol était en marche !

Ambiance immersive dans la tomatina
Ambiance immersive dans la tomatina

Nullement refroidis par l’intervention des forces de l’ordre, ils réitèrèrent les années suivantes et furent même arrêtés. Lassés par le chaos couleur tomate semé par ces dissidents en culottes courtes, la municipalité décide de l’interdire au début des années 50, mais les habitants de Buñol avaient pris goût à ce jeu et l’évènement, malgré cette interdiction, continua de grandir, grandir… avant d’être à nouveau suspendu. La population, excédée, décida alors de mettre en scène « l’enterrement de la tomate ». Marche funèbre, cercueil… un deuil festif au succès fou. On décida alors d’autoriser officiellement la Tomatina !
C’est grâce à un reportage de Javier Basilio pour la télévision espagnole réalisé en 1983 qu’elle commença à se faire connaître dans toute l’Espagne avant de prendre son envol et devenir l’évènement populaire international qu’elle est aujourd’hui. En 2002, elle fut même décrétée Fête d’intérêt international par le Secrétaire au tourisme espagnol.

La Tomatina aujourd’hui

Désormais, des milliers de jeunes gens du monde entier se rendent à Buñol pour vivre ce court instant de folie. Rappelons en effet que la guerre des tomates ne dure en fin de compte qu’une heure, de 11h à midi. L’entrée est devenue payante, une vraie manne financière pour la localité car, outre la bataille, différents évènements rythment la vie de Buñol pendant quelques jours. Concerts, bals, marchés gastronomiques…

Là où le char passe, les tomates trépassent...
Là où le char passe, les tomates trépassent...

De 9 000 habitants le reste de l’année, la population de Buñol passe alors à environ 40 000. Australiens en maillots de bain et masques de plongée, Japonais en kimonos, hommes déguisés en femme, femmes déguisées en grosses tomates… c’est un melting pot carnavalesque qui se réunit ici.
Des sauts d’eau sont lancés sur les participants depuis les balcons, puis c’est le coup d’envoi avec le le son du klaxon du camion rempli de munitions. Ceux placés dans la remorque de celui-ci commencent à lancer la tomate…  avant que celui-ci ne s’arrête et que tout le monde se serve. Bienvenue dans un bain géant de sauce tomate !!!! Le second klaxon marque alors le coup d’arrêt de la Tomatina.

Les règles à respecter pour une bonne Tomatina
1. Les bouteilles et objets durs sont interdits.
2. Interdiction de déchirer ses vêtements ou les vêtements des autres.
3. Il faut écraser les tomates avant de les lancer.
4. Se tenir éloigné des camions lors de leur passage.
5. Arrêter de lancer les tomates lorsque le deuxième son de klaxon retentira.
6. Suivre les indications du personnel chargé de la sécurité.

© photo principale : Flydime © photos article de haut en bas : n° 2 Graham McLellan, 3 Carlesboveserral