L’Andalousie, terre de cheval

L’Andalousie, qui a donné naissance à l’une des plus grandes races de chevaux au monde, est une terre de grandes traditions équestres. Celles-ci perdurent notamment grâce à l’une des plus importantes et prestigieuses institutions d’art équestre au monde : l’École Royale Andalouse d’Art Équestre de Jerez.

Le cheval andalou

Le cheval andalou ou PRE (Pura Raza Española) ou bien encore « cartujano », est l’une des plus illustres races équines, chère aux rois, louée par les écrivains et par les peintres, qui en appréciaient sa beauté majestueuse, sa noblesse et son courage. Une robe blanche, grise ou pommelée le plus souvent, un profil convexe, des yeux de forme triangulaire très noirs, typiques de chevaux élevés au soleil, un  chanfrein étroit, une croupe ronde, un physique musculeux : telles sont les caractéristiques de ce superbe cheval, fierté de l’Espagne.

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C’est à la fin du XVe siècle que naît le cartujano, fruit de croisements entre étalons et juments sélectionnés par les moines chartreux sur des terres offertes par la couronne espagnole. Ce cheval devient rapidement la coqueluche du roi Ferdinand d’Aragon, et, au fil de ses voyages et conquêtes, celui de la plupart des monarques en Europe. Il fait partout forte impression : c’est sur ce destrier à l’incroyable beauté que se feront peindre les grandes figures royales. « Sire, il est très raisonnable, qu’étant le plus grand monarque de la Chrétienté, Votre Majesté prenne sa première leçon sur le plus parfait cheval d’Europe. » avait ainsi écrit Antoine de Pluvinel, maître d’équitation de Louis XIII.

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De par son courage, sa bravoure, sa témérité, il était de toutes les campagnes militaires. Il est aussi le cheval des spectacles de tauromachie.  Le passage des troupes napoléoniennes en Andalousie fut une période sombre de l’histoire du cartujano. Avec le vol des juments et étalons, l’Espagne perdait alors l’un de ses plus grands joyaux. On réussit à relancer son élevage grâce au rachat des chevaux disséminés dans différents pays.

Le cheval andalou, croisé avec d’autres races, a donné naissance à de nouveaux spécimens comme le Aralusian aux États-Unis, mais sa lignée reste cependant assurée grâce au hara national et aux éleveurs indépendants. En prenant comme point de départ les notes des moines chartreux, des chercheurs du hara entreprennent de protéger cet incroyable patrimoine historique et génétique.

Excellent pour le dressage et très « photogénique », vous pourrez l’admirer dans de grands films tels que Le Seigneur des Anneaux, Le Monde de Narnia, Gladiator… Si vous vous rendez en Andalousie en mai, ne manquez pas la Feria del Caballo, qui met à l’honneur ce flamboyant animal, paré pour l’occasion de mille couleurs.

L’École Royale Andalouse d’Art Équestre de Jerez

Pour apprécier tout le savoir-faire des maîtres dresseurs espagnols et admirer l’élégance des chevaux andalous, rendez-vous à l’École Royale Andalouse d’Art Équestre. C’est en 1973 que Don Alvaro Domecq Romero crée  la Real Escuela Andaluza del Arte Ecuestre, une école d’art équestre qui devient royale en 1987, lorsque le roi Juan Carlos accepte d’en être le président d’honneur.  Située dans la ville de Jerez de la Frontera, elle comprend un manège de 1 600 places, des écuries, une sellerie, des pistes d’échauffement et de galop, ainsi qu’un laboratoire de restauration du matériel équestre. Elle abrite également deux musées : un musée de l’attelage et un musée dédié à l’art équestre.

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Si les visiteurs viennent en nombre ici, c’est pour assister à l’exceptionnel spectacle « Cómo bailan los caballos andaluces » (comment dansent les chevaux andalous). Fascinant et poétique, ce célèbre ballet équestre met en scène des cavaliers en costumes du XVIIIe siècle faire exécuter des pas de danse sur leurs montures à la beauté renversante, au rythme des mélodies espagnoles traditionnelles. La notoriété de ce spectacle est telle qu’il s’exporte aujourd’hui dans de nombreux pays. La cavalerie se trouvait notamment à Paris, au sein de l’Accor Hotels Arena, les 8 et 9 octobre derniers.

© Photo principale : Aleksandar Dzerdz ; © Photos de l'article : n°2 Valencia Caballo, n°3 Abraham van Diepenbeeck, n°4 El Pantera / Wikipedia