Le Carnaval de Cadix : satire, musique et folklore

Le Carnaval , c’est toujours une très belle nouvelle pour tous ceux et celles qui ont pour passion l’art du déguisement et du jeter de confettis. Celui de Cadix est le plus ancien de l’Espagne continentale et c’est une affaire « sérieuse » pour laquelle on redouble d’inventivité lorsqu’il s’agit de faire exploser les couleurs et l’humour dans tous les sens. Tout cela en bord de mer, sous le soleil éclatant de l’Andalousie. What else ?

Du 23 février au 5 mars dernier, la ville toute entière a vécu au rythme de ce carnaval de rue où le mot d’ordre est « s’amuser » ! S’amuser en chantant, dansant et en se déguisant : seul, avec son groupe d’amis, en famille, on change de peau le temps de la fête et l’on parade dans son plus beau costume lors des cabalgatas. Ces défilés, aux cours desquels des milliers de personnes se réunissent, sont au nombre de deux : la Gran Cabalgada, qui se tient le premier dimanche et la Cabalgada del Humor, le week-end suivant.

Mais pourquoi le carnaval de Cadix est-il aussi réputé ? Il y a plusieurs raisons à cela : la première étant assurément son ancienneté, même si l’aînesse revient à celui de Santa Cruz à Tenerife. Il faut en effet remonter au XVIe siècle pour voit apparaître cette semaine de fête liée au calendrier chrétien qui était organisée avant d’entrer dans une période plus austère : le jeûne du Carême.
Outre son grand âge, et sa résistance face aux pires événements de l’histoire (notamment son interdiction à l’époque de Franco), le carnaval de Cadix s’est taillée une jolie réputation en raison de son ambiance, tout simplement, et de l’obstination de ses habitants à célébrer le carnaval, envers et contre tout ! Et le moins que l’on puisse dire, c’est que toute la population se prête au jeu. La musique et le théâtre ont une place ici très particulière. De nombreux groupes de chanteurs et de musiciens amateurs se forment à cette occasion.

Chirigotas, comparsas, coros, illegales, romanceros, coros : autant de noms pour désigner ces artistes d’un jour au service de la foule en délire. La satire est indéniablement le dénominateur commun de ce grand rendez-vous. Les grosses têtes, costumes, chansons et textes mettent souvent à l’honneur les politiciens corrompus, les hommes d’église, ou les célébrités.

Donc on résume : la mer en toile de fond, le soleil d’Andalousie, la liesse populaire, la satire, le déguisement, les couleurs, des dégustations de tapas... et n’oublions qu’on est sur la terre du flamenco, que l’on retrouve, vibrant, résonnant à chaque coin de rue !

© Photo principale : Alcalaina / Flickr