Le cinéma fantastique et d’horreur espagnol

Jaume Balagueró, Alex de La Iglesia, Alejandro Amenábar … Si ces noms ne vous disent rien, c’est que vous n’êtes peut-être pas amateurs de films fantastiques, ou bien peut-être connaissez-vous les noms de leurs films sans savoir que se cachent derrière des réalisateurs tout droit venus du pays d’Almodovar !

Car l’Espagne est désormais l’un des pays les plus en vue dans ce genre cinématographique synonyme de chair de poule et de frissons sur canapé.

Franco… et le cinéma d’épouvante

Avec des films comme REC et ses zombies barcelonais, Les Yeux de Julia, Les Autres ou bien encore L’Orphelinat, qui fut d’ailleurs récompensé au Festival Fantastique de Gerardmer, l’Espagne a acquis une jolie réputation dans le 7e art, spécialité film fantastique et d’horreur.

Mais quelles sont les origines de ce savoir-faire en la matière ? Pour cela, il faut remonter aux années 60/70, véritable âge d’or du cinéma fantastique ibérique. Étonnamment, c’est sous le régime franquiste qu’apparaissent les premières œuvres du genre. Frappés du sceau de la censure, le cinéma espagnol se doit de trouver des moyens déguisés pour s’affirmer, et pour tout bonnement exister.

Les films fantastiques et d’horreur, qui, en apparence, ne diffusent aucun message politique, remplissent les critères requis pour être approuvés par l’appareil d’état. À condition cependant d’être tournés en dehors de l’Espagne, ces œuvres bénéficient du feu vert des autorités. Parmi les films les plus représentatifs, devenus aujourd’hui de véritables références en la matière, citons notamment L’Horrible Docteur Orloff (Gritos en la noche) de Jesus Franco Manera (dit Jess Franco) et ses histoires de vampires à dormir debout, Le Massacre des Morts Vivants de Jorge Grau, ou bien encore La résidence et Les révoltés de l'an 2000 de Narciso Ibañez Serrador, l’un des réalisateurs les plus prolifiques ces années-là.

Les années 90

Dans les années 90, de nouveaux réalisateurs font leur apparition, biberonnés aux movies sauce hollywoodienne, mais qui n’en oublient pas leurs racines et puisent également leur inspiration dans les légendes folkloriques de leurs régions, et dans le thème de la sacro sainte religion catholique en terre hispanique. Des cinéastes qui bénéficient par ailleurs d’un soutien de poids, celui d’une société de production entièrement consacrée à la création de films d’horreur : FILMAX.

Ces cinéastes portent les noms d’Alejandro Amenábar, Nacho Cerda, Jaume Balagueró, Juan Antonio Bayona, Paco Plaza…

Des films à l’esthétique léchée, qui séduisent un public international. Tant et si bien que ces réalisateurs se retrouvent outre-Atlantique aux manettes de productions à gros budget tels que le très bon Esther (Orphan) de Jaume Collet-Serrat, 28 semaines plus tard de Juan Carlos Fresnadillo, Crime à Oxford d’Alex De La Iglesia ou Darkness de Jaume Balaguero.

 

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