Les folles fêtes de San Fermin

Au mois de juillet, la ville de Pampelune vibre au rythme effréné des fêtes de San Fermin, l’un des rendez-vous espagnols les plus connus au monde. Chaque année, des millions de visiteurs se pressent dans les rues de cette jolie cité de Navarre afin de festoyer avec grand bruit ou vivre quelques minutes de frissons lors de l’encierro, le traditionnel lâcher de taureau.

Excès et gaieté

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Qui n’a jamais entendu parler des fêtes de San Fermin ? Que l’on connaisse ou pas le nom de cet évènement espagnol, on a tous déjà vu un jour ou l’autre ces images de jeunes intrépides habillés en blanc et en rouge courir à perdre haleine poursuivis par des taureaux. Si ces clichés sont synonymes de fêtes traditionnelles ibériques, ils le sont aussi régulièrement de drames. Chaque année, de nombreux participants venus des quatre coins du monde sont encornés par les animaux lors de l’encierro, des accidents facilités par l’excès d’alcool indissociable de ces festivités estivales. Goût du risque, et de la bêtise !

Si les fêtes de San Fermin signifient bien entendu taureaux, ce n’est pas pourtant pas ce qui me séduit ici, a contrario. Je ne suis pas amatrice de jeux mettant en scène des animaux et suis farouchement opposée aux corridas qui ne représentent pour moi qu’un spectacle cruel et dégoûtant n’ayant plus lieu d’exister aujourd’hui. Mais si l’on met de côté cet aspect là, San Fermin est sans conteste un formidable rassemblement populaire où l’on se retrouve pour danser, chanter, se rencontrer, échanger dans toutes les langues dans un exquis brouhaha et s’oublier !

Ainsi, chaque année, le chupinazo (fusée pyrotechnique), donne le coup d’envoi de ces fêtes qui vont littéralement enflammer la ville. Défilés de grosses têtes, spectacles, concerts de musique folklorique, bals, feus d’artifices et des litres d’alcool… pendant 9 jours, Pampelune se dévergonde férocement !

Saint et littérature…

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Si le caractère sacré de ces fêtes ne saute pas aux yeux… Il s’agit bien, à l’origine, de célébrer un saint, à savoir San Firmin, saint patron de la Navarre qui aurait été premier évêque de Pampelune. Rappelons qu’il est aussi le patron des confréries des boulangers, des bourreliers… et des négociants en vin. Ce qui explique donc les hectolitres de vin qui inondent la ville chaque année !

Mais ce qui a contribué à donner des lettres de noblesse à cet événement est la présence de l’écrivain américain Ernest Hemingway à partir de l’année 1923. Ce n’est d’ailleurs que récemment que j’ai découvert, à travers une biographie sur ce grand nom de la littérature, sa passion pour Pampelune. Hemingway était un mordu de San Fermin, et en particulier des corridas, auxquelles il assistait régulièrement avec quelques-uns de ses amis.

Si vous souhaitez comprendre et saisir son engouement pour ce rendez-vous espagnol, je ne saurais que vous conseiller de lire Le Soleil se lève aussi. La ville propose par ailleurs des visites thématiques « Route d’Hemingway à Pampelune ». Vous y découvrirez ses lieux préférés tels que le bar Txoko, l’hôtel La Perla, le Café Suizo, le Café Kutz ou l’hôtel Quintana. Mais Hemingway ne fut pas le seul Américain séduit par la gaieté et la folie de la ville. Parmi les autres noms célèbres, on peut notamment citer Arthur Miller, David Black, Joe Disler ou Alice Hall.
Entre profane et sacré, vous l’aurez compris… les fêtes de San Fermin n’ont pas fini de faire des émules !

© photo principale : Office Espagnol du Tourisme ; © photos articles de haut en bas : Office Espagnol du Tourisme